Voici un petit article pour partager quelques expériences que j'ai pu vivre dernièrement. J'ai assisté
ou ai été proches de deux accidents de parapente, finalement assez anodin dans leurs conséquences. J'ai été amené à porter assistance aux victimes
et ces expériences ont été très enrichissantes. Je ne vais pas ici donner un guide de premiers secours mais plutôt vous livrer mon ressenti sur
l'état mental et relationnel entre les victimes et les premiers secouristes.
En parapente comme dans la vie en général, l'accident est bien sûr possible, si statistiquement le risque
est faible (nous avons un nombre d'accidents assez faible en proportion du nombre de pratiquants), le caractère spectaculaire fait souvent les gros titres.
Ce caractère spectaculaire pèse aussi sur les pilotes/personnes témoins de l'incident.
En effet avant de parler de la victime, je voudrai m'attacher à décrire les émotions ressenties par les témoins direct, parapentistes ou non
(en tous cas comme je les ai vécu). On parle souvent de l'état de choc de la victime mais il me semble pas avoir été sensibilisé
à l'état de choc du secouriste. C'est pourtant une clé dans le déploiement des secours, certains témoins seront
paralysés, d'autres paniqués, d'autres hyper-actifs.... La gestion des émotions dans ces moments pour des secouristes
"non entrainés" est très complexe.
Il faut répondre à une grandes quantités de questions cruciales en très peu de temps:
Ce choc là je pense qu'on peut s'y préparer. Il faut essayer de relativiser et prendre la problématique de façon rationnelle.
Il y a un accidenté et il faut le secourir, point. Ce n'est évidemment pas très facile, mais avoir conscience de cet impératif
de rationnalisme est déjà un grand pas il me semble. En se rapprochant de la victime il faut anticiper le deuxième état de choc, pour
le secouriste, découvrir les blessures et l'état du blessé. Personnellement, en me rendant au côté d'un accidenté, je me rappelle avoir
passer en revue tous mes souvenirs de l'AFPS (Attestation de Formation aux Premiers Secours). Ce second choc pour le secouriste est assez
difficile, on a que très peu de temps pour se conditionner. Un leitmotiv, [faire ce qu'il faut ne rien oublier!!].