Ce vol, c'est déroulé le 28 avril au cours de la semaine de stage organisé par l'équipe de ligue Midi-Pyrénées,
sous la direction de L. Chamerat.
Arrivés au déco du 700 à Val Louron , vers 11h30, nous papotons tranquilement en regardant les évolutions d'un
pilote qui a décollé peu avant. 11h45, Stupéfaction !! Le pilote est perché aux alentours de 3000m, au Nord du déco.
??? Non seulement les Thermiques sont rarement évident à cet endroit, mais alors un plafond à 3000 !! Allez ZOU, on
parlera du reste plus tard. Je décolle à midi et très rapidement je fais 3000 sur le déco avec une faible dérive Sud-Ouest.
Bien, je fais sans trop y croire un passage au Nord du déco, pour voir. Comme d'hab., je ne trouve rien, mais alors que je
m'apprête à faire un demi-tour stratégique, le vario s'affole. Deux minutes plus tard je suis à 3500m, à l'entrée de la
vallée du Louron, je communique ma position au reste de l'équipe et je pars en direction du Nord-Est (avec le vent), Cap
sur le Pic du Lion. Cette face Sud-Ouest est peu rentable à cette heure ci et je bascule directement sur les faces Est des
crêtes du Peyresourde. Là re-plaf à 3500m. A ce moment la, la grappe de l'équipe explose comme un pétard de feu d'artifice.
Qui au Nord-Ouest, au Nord, à l'Est, moi au Nord-Est, au Sud, ça part dans tous les sens. Perso j'ai dans l'idée de raccrocher
le Cagire, je me dirige donc au-dessus de la Barousse, vers le Hourmigué et son joli cumulus (~ 3200m). Arrivé sur zone, je
constate dépité qu'un voile de cirrus réduit l'ensoleillement, en plus un courant de Nord-Est marqué se fait sentir,
je tombe à hauteur des crêtes légèrement au Nord du Hourmigué: Patience. Petites bulles et vlan un cycle, plaf. à 3200m.
OUF! J'oubli Cagire (à cause du N-E) et retourne en direction de Val Louron, avec à l'esprit un petit cross vers l'Ouest.
Retour pénible en Barousse, ça monte pô ! 300m au dessus du Port de Balès, je décide de plonger dans la vallée d'Oueil
("je me dis que ça sera moins long pour me récupèrer"), je me place en appuy sur une croupe N-E et j'accroche rapidement un Th.,
qui me ramène à 3300m. Re-OUF ! continuons vers le Pic du Lion (Clap 2ème), ça marche beaucoup mieux ce coup-ci, même très beaucoup
plus mieux -> plaf à 3900m. Je pars en direction du Col d'Aspin, quand j'arrive au col, toute la zone est à l'ombre du cum. de l'Arbizon.
Dégouté (je n'ai pas un Th.) je bascule assez haut sur les faces Sud (au vent ce jour là) de l'Arbizon, toujours rien,
en désespoir de cause, je fonce vers les granges à St-Lary.
Là ça remonte, ça bouge, mais ça monte (plaf. à 3700m). Je décide d'arrêter un peu de finasser et transite directement
vers les faces Sud de l'Arbizon, je suis installé dans le courant de Sud et je transite vers la Mongie (avec un espoir,
survoler le Pic du Midi). Des instants magiques, comme seul le Vol Libre peut en offrir. La voile orienté face au Mont
Perdu (au loin), à mes pieds, la réserve du Néouvielle enneigée, à ma droite le Pic du Midi et évidemment tout le
panorama sur la chaîne, Grandiose. En plus ça chemine plutôt bien et je passe au Sud de la Mongie à 3100m. J'essaye
en vain de remonter pour pouvoir tourner le Pic du Midi de Bigorre, malheureusement impossible (ça sera pour une autre fois).
Je dois me contenter du Pic du Tourmalet, contré par un vent d'Ouest qui s'engoufre au col (du tourmalet). Je peux oublier
mon projet de cross vers l'Ouest. C'est pas grave je décide de faire le retour vers Val Louron.
Malgré quelques difficultées et turbulences au dessus de la Mongie, le retour est sans grands problèmes. Les plafonds sont
moins hauts mais je n'en ai pas besoin, les crêtes étant aussi plus basses. Passage face Nord de l'Arbizon, j'aurai pu faire
ce jour là tout le tour de ce massif extraordinaire. Un petit Thermique avant de plonger dans la brise de St-Lary, pour un retour
rapide au dessus du 700 à Val Louron.
La boucle est bouclée, en un peu plus de 4h, ravi je pense avoir réalisé le plus grand circuit du jour.
La suite m'apprendra que non, c'est Pierre dejous qui remporte le pompom avec un triangle FAI de 94 km.
BILAN
Ce que je retiendrai de cette journée, c'est que l'audace et l'adaptation dans la prise de décision,
ont été payantes. L'extraordinaire performance de Pierre est à mon avis due à une grande faculté d'adaptation aux
conditions et a une analyse fraîche des possibilitées. Il a repoussé des limites que les pilotes de distance pyrénéen
s'étaient fixé. Il n'a pas hésité à aller tourner le Cagire le soir avant de revenir dans la vallée de Luchon. Cette
branche du vol est difficile, mais vu les conditions du jour c'était possible et logique, encore fallait il y penser et
ne pas en avoir peur. Personnellement après une petite déception, cette façon d'aborder le cross par les jeunes
(de l'équipe de ligue), m'apparaît comme un formidable moteur succeptible peut être de sortir le cross pyrénéen des sentiers battus.